Des tuileaux à rebords, des fondations de murs, des voûtes souterraines se trouvent mêlés à une profondeur de trois mètres, avec des médailles consulaires et impériales, des armes, des ornements de tête en or, des clefs, des boucles de ceinturons, des ustensiles de ménage. On retrouve même de ces débris jusque sous le lit de la Sorne. Le fond du vallon n’était pas seul habité. Un quartier considérable s’élevait sur la pente occidentale de la chaîne de collines qui borde Vernantois au nord-est. On l’appelait la ville d’Ormez, d’Ormier ou de Normier. Ce quartier était fortifié, car des champs voisins portent les dénominations de sur et sous les Chauffaux et de vers les Murs. Un fortin, bâti sur l’éminence du Tertre, proche de l’enceinte, était destiné à surveiller l’entrée de la gorge du côté de Macornay. Il serait très possible qu’une colonie Burgonde se fût établie en cet endroit, soit pour ne pas se confondre avec les indigènes, soit pour éviter les inondations de la rivière. Il y avait plus de vingt fiefs à Vernantois, soumis seulement à l’hommage et ne payant aucune redevance, pas même les dîmes. La dédicace de l’église et du prieuré de Vernantois à saint Martin, ce grand apôtre des Gaules, est
 encore une nouvelle preuve à ajouter en faveur de l’antiquité de ce village. On ignore absolument l’époque à laquelle des religieux sortis de l’abbaye de Condat vinrent chercher une retraite dans le vallon de la Sorne, ainsi que l’origine des vastes possessions qui servirent à doter cet établissement. Les premiers titres connus qui mentionnent le prieuré de Vernantois sont une charte de 1151, par laquelle Humbert, archevêque de Besançon, en confirma la possession à l’abbaye de Saint-Claude, et un diplôme de l’an 1184, dans laquel l’empereur Frédéric- Barberousse recensa parmi les domaines de ce monastère, l’église et le prieuré de Vernantois avec la chapelle de Bornay. Etienne II de Bourgogne et Jean de Chalon l’Antique, son fils, avaient eu assez d’habileté pour se faire inféoder, en 1208, par Thiébaud, abbé de Baume, la montagne de Montaigu et les villages de Perrigny et de Vatagna ; mais leur ambition n’était pas encore satisfaite : les beaux vignobles de Conliège, de Vernantois et de Moiron les tentaient. Ils obtinrent en 1216, de Bernard III de Thoire- Villars, abbé de Saint-Claude, les terres de Conliège, Binans et Vernantois, et promirent de bâtir un château dans ce dernier lieu et d’y ériger un bourg. Le château ne tarda pas à être construit et le bourg à se former ; mais Guillaume de Vienne, seigneur de Montmorot, s’en émut et voulut les faire détruire. Après de longues contestations, il fut convenu, entre ce seigneur et Jean de Chalon, que désormais aucun d’eux ne pourrait construire de nouvelles forteresses dans le val de Lons-le-Saunier entre le Pin jusqu’à Vernantois et Revigny. Depuis l’inféodation de 1216, la seigneurie de Vernantois appartint indivisément, par moitié, à l’abbé de Saint-Claude et à Jean de Chalon, ou à ses représentants. Elle avait pour limites les terres de Bornay, Montaigu, Revigny, Conliège et Montmorot, et comprenait une grande partie du village de Moiron. Le hameau de Roche formait un fief particulier relevant exclusivement d’Orgelet. Les habitants avaient reçu une charte de franchises et se qualifiaient de bourgeois. Ils nommaient annuellement quatre prud’hommes pour administrer les affaires de la commune. Aussitôt après l’élection, ces officiers et les gardes par eux institués devaient se présenter devant les deux châtelains pour prêter serment de remplir leurs charges en conscience. Les droits seigneuriaux étaient peu lourds ; à part trois corvées de charrue et une corvée de cheval par an, quelques cens en argent, en grains, en cire et en huile de noix, l’impôt des quatre cas et les dîmes, les bourgeois n’étaient soumis à aucune redevance, pas même la banalité du four et des moulins. Ils pouvaient librement pêcher dans les ruisseaux et chasser à battue les bêtes sauvages. Le château occupait une éminence entre le vallon de la Sorne et celui de Demièges, et se composait d’un donjon, d’une maison-forte flanquée de deux grosses tours et d’une basse-cour renfermant les écuries et les remises. Une enceinte de murailles l’enveloppait de toutes parts, et le seul côté accessible, au sud, était défendu par un large fossé. Un chemin couvert conduisait depuis le donjon dans l’intérieur de la maison prieurale. Ce château était déjà en ruine en 1609, et fut détruit par les troupes d’Henri IV en 1595. Il n’en reste d’autres vestiges qu’une partie des murs d’enceinte. Son emplacement est aujourd’hui recouvert par des vignes. Au nord du château était un bourg clos de murs, habité exclusivement par des gentilshommes. Abandonné depuis le XVIIe siècle, il ne subsiste plus que deux ou trois maisons de pauvre apparence qu’on appelle encore le Bourg. Le Bourg-Dessous ou la ville de Vernantois était au pied du château, à l’ouest, et se composait de plusieurs rues dans lesquelles on remarquait de nombreux hôtels habités par plusieurs familles nobles, de riches bourgeois, des officiers de justice, des marchands et des tisserands. Brûlé par le duc de Longueville en 1637, et ravagé en même temps par la peste, il resta complètement inhabité jusqu’en 1642. Source : www.vernantois.fr/histoire

Vernantois

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