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Saint-Colomban (543-615)
Colomban, né en 543 et mort le 21 novembre 615 en Lombardie, fut un moine irlandais qui sillonna l’Europe pour évangéliser les populations campagnardes.
Introduction
Saint Colomban est un moine irlandais qui aurait débarqué en France, à Saint-Coulomb près de Saint-Malo, en l’an 590, pour rappeler la parole du Christ en Europe. Ainsi, après avoir quitté l’Irlande, il a sillonné la Cornouailles anglaise, la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et l’Italie, il est mort à Bobbio, en Italie du nord, en l’an 615. Après les troubles apportés par les invasions barbares, son œuvre évangélique en Europe occidentale fut capitale pour la conversion des populations germaniques, et la rechristianisation des campagnes.
Ce « messager de Dieu » fascine encore certains de nos contemporains qui voient en lui un vecteur pour la promotion d’une Europe unie, aujourd’hui porteuse d’espoirs de paix et de fraternité entre les peuples. Des institutions religieuses se réclament de l’esprit de saint Colomban. Un réseau européen d’échanges, regroupant des hameaux et des villes, se tisse sur les traces de saint Colomban.
Colomban, missionnaire de l’Europe L’Europe au VIe siècle
Pour comprendre la démarche de Colomban, il faut savoir d’où il vient et où il arrive. D’une part, Colomban a donc été formé dans le contexte particulier d’une Irlande celte et chrétienne, coupée de l’Église romaine. D’autre part, l’Europe occidentale est à nouveau divisée après le partage du royaume de Clovis.
L’Irlande celte et chrétienne Le monachisme en Irlande
Dans l’île, c’est la règle de Colomban qui s’impose : elle met l’accent sur l’ascèse et les mortifications (jeûne).
Les royaumes mérovingiens
Après l’éclatement de l’empire romain au Ve siècle, la Gaule se retrouve envahie par les barbares venus de l’Est. Les Francs sont au nord, les Wisigoths au sud-ouest et les Burgondes au sud-est. Au début du siècle, Clovis étend le royaume franc à toute la Gaule mais sa succession redivise le pays. En se faisant baptiser vers 496-508, Clovis Ier devient le premier roi barbare catholique. Au nord-ouest se trouve la Neustrie, à l’est l’Austrasie et la Burgondie. L’Armorique reste un monde fermé aux francs. À l’arrivée de Colomban, la Neustrie est gouvernée par Clotaire II et Frédégonde ; l’Austrasie par Thierry II de Bourgogne et Brunehaut.
Plus de 200 monastères parsèment le pays, mais aucune règle ne les relie. La vie ecclésiale se base sur un clergé séculier centré sur la cité ou diocèse ; l’évêque réside dans le chef-lieu et s’occupe de la cathédrale. La qualité du clergé est parfois contestable, surtout dans les paroisses rurales. Les populations ont mêlé le paganisme à leurs pratiques religieuses.
C’est aussi au VIe siècle que saint Benoît vécut et définit sa règle de vie monastique. Mais celle-ci ne prit de l’importance que plus d’un siècle plus tard.
Ses pérégrinations
La vie de saint Colomban est un exil sans retour, une longue marche en Europe occidentale, pour porter la parole du Christ.
L’an 543 - L’Irlande
Naissance dans la province de Leinster au sud-ouest de l’Irlande. Fils d’une riche famille, beau, fort, intelligent, sa mère voyait pour lui un bel avenir. Mais, très vite Colomban rejette les plaisirs du monde pour devenir étudiant de Semell à Cluain Inis dans le Donegal. Vers 20 ans, il devient moine, sous la direction de Comgall, au monastère de Bangor près de Belfast.
Dans la tradition des moines voyageurs irlandais, il décide de s’exiler définitivement vers 580. Il part avec 12 compagnons vers l’Europe : Gall, Autierne, Cominin, Eunoch, Eogain, Potentin, Colomban le jeune, Desle, Luan, Aide, Léobard, Caldwald. Ils traversent la mer d’Irlande sur leur curragh, bateau souple fait de lattes enveloppées de cuir. Puis ils longent les côtes de la Cornouailles anglaise et font étape près de Tintagel. Les deux villages de Saint-Colomb-major et Saint-Colomb-Minor témoignent de ce passage.
L’an 590 - Le débarquement
Il débarquent sur la plage du Guesclin en Saint-Coulomb près de Saint-Malo en Bretagne. Une croix en marque le souvenir. Un lieu-dit porte le nom d’ermitage et laisse penser que le groupe a séjourné en ce village. Ensuite, ils se dirigent vers Reims en passant par Rouen et Noyon. Colomban souhaite rencontrer Childebert, le roi d’Austrasie pour solliciter un lieu de séjour. Il obtient le droit de s’installer dans ce royaume. Le groupe repart alors vers Châlon, Langres, à la recherche d’un endroit propice à leur installation.
L’an 591 - Annegray et Luxeuil
Ils arrivent dans les Vosges et se fixent sur le site d’Annegray. Les moines entreprennent le défrichement des bois, la construction de batisses de chaumes. En même temps, ils accueillent les malades et commencent la formation de nouveaux moines. Colomban effectue une première retraite dans une grotte de la montagne.
Devant le succès des vocations, Colomban décide de créer un nouveau monastère à Luxeuil, lieu plus accessible et pourvu de sources aux vertus thermales. Lui et ses moines y pratiquent une vie comtemplative équilibrée par un fort travail manuel. Ils se consacrent à l’éducation, aux œuvres charitables, à l’évangélisation.
L’an 603 - Conflit avec l’Église franque
Le concile de Châlon est réuni pour statuer sur la question de la date de Pâques qui est fixée différemment par les Francs et les Irlandais. Colomban s’oppose aux évêques mérovingiens, ne cède pas, en appelle au pape.
L’an 607 - La haine de Brunehaut
Colomban rencontre Brunehaut, la grand-mère du roi Thierry de Bourgogne. Cette reine tyrannique veut lui faire reconnaître les bâtards du roi. En refusant, il l’humilie, et cette entrevue de Boucheresse sera le début des ennuis de Colomban avec Brunehaut. Les disciples de saint Colomban participeront à noircir la légende de Brunehaut.
L’an 610 - L’expulsion ratée
La reine Brunehaut, profite du conflit de Colomban avec l’Église franque pour lui ordonner de partir avec ses disciples irlandais et armoricains. C’est donc le départ de Luxeuil vers Nantes en suivant la Loire. Ils passent Besançon, Autun, Auxerre, Nevers pour atteindre la Loire. Ils continuent en bateau vers Orléans, Tours puis Nantes où ils embarquent sur un navire en partance vers l’Irlande. Mais c’est un faux départ. Après un échouage, il se retrouve sur la côte sud de Bretagne.
Colomban décide de rester en Europe et d’aller voir le roi de Neustrie. Lui et ses compagnons remontent vers le nord en longeant l’Armorique où règne le jeune roi breton Judicaël. Colomban le connait par l’intermédiaire de son conseiller saint Malo qui a séjourné à Luxeuil. Ils poursuivent leur route par Rouen, vers Soisson. Colomban est très bien accueilli par Clotaire II qui lui accorde son amitié et l’invite à s’installer près de lui.
L’an 612 - Bregenz
Colomban préfère poursuivre son périple vers les peuples germaniques. Le groupe passe par Meaux, La Ferté-sous-Jouarre, puis Metz, capitale du roi Théodobert d’Austrasie. Le roi lui propose aussi de s’installer sur son domaine mais Colomban poursuit sa route avec la barque mise à sa disposition.
Le bateau traverse Mayence puis remonte le Rhin jusqu’à Bâle puis Waldshut. En suivant l’Aar et le lac de Zurich, ils arrivent à Tuggen. Ils repartent pour aller s’installer à Bregenz, sur la rive sud du lac de Constance, sous la protection du roi Clotaire II de Neustrie. Il construisent un nouveau monastère. Colomban s’isole à nouveau en montagne.
L’an 613 - Bobbio
À nouveau menacé par la haine de Brunehaut, au fait de sa puissance après la victoire de Thierry sur Théodobert, Colomban préfère quitter Bregenz et passer les Alpes. Le groupe des moines irlandais a vieilli. Gall s’arrête en route. À Coire, Sigisbert part fonder un monastère à Disentis. Enfin Colomban atteind la Julierpass et redescend vers le lac de Cômes et la plaine du Pô.
Colomban va solliciter près d’Agiluf, roi de Lombardie, l’octroie d’une terre. Il obtient la protection du roi et surtout de la reine Théodoline. Après quelque temps à Milan, Colomban part s’installer dans la vallée de Bobbio. Lui et ses moines construisent, de nouveau, un monastère autour d’une vieille chapelle.
L’an 615 - Sa mort
La communauté de Bobbio a pris son rythme. Colomban s’est retiré dans un ermitage sur les hauteurs. C’est là qu’il meurt le 23 novembre 615.
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