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La route des vins
Cette route part de Salins, transite par les Arsures, Montigny les Arsures , Arbois, Pupillin, Poligny, Saint Lothain, Passenans, Frontenay, Château-Chalon, Arlay, Quintigny, l’Etoile, Voiteur, Pannessières, Conliège, Marconay et Gevingey.
En nous arrêtant sur quelques noms prestigieux, nous allons la découvrir.
Salins
Ce fief figure parmi les pôles qui ne se sont jamais remis du phylloxéra. La population de la ville a fondu de moitié en deux siècles 4 200 habitants et quelques vignerons pour moins d’une dizaine d’hectares aujourd’hui. En 1881 la vigne s’étendait sur 600 hectares, elle grimpait depuis les rues et ruelles encaissées sur les pentes du mont Poupet (847 m)et du fort Saint André, elle produisait 17 000 hl de vin rouge et vin blanc, mais dès 1870 avait été abandonnée l’élaboration du vin jaune. La statue du vigneron fièrement érigée au centre de la cité reste le dernier symbole de cette époque.
Montigny les Arsures
Au sud ouest de Salins ce village niche dans un havre de verdure. Deux châteaux protégés par des rideaux d’arbres parachèvent le décor. C’est sur ses coteaux que le trousseau donne des vins rouges capables de rivaliser avec les plus grands Bourgogne ou Bordeaux. C’est dans ses marnes bleues que le Savagnin donne sa pleine valeur. Pour la première fois le nom de Montigny apparut au XI siècle, mais on y découvrit des haches gauloises et des armures en bronze. A Montigny tout le monde est vigneron ou presque. C’est ce qui fait que Montigny occupe la première place dans la hiérarchie des villages vignerons. C’est à Montigny que Pasteur acheta des parcelles de vigne en 1874 pour y effectuer ses expériences.
Arbois
Arbois, capitale des vins du Jura, tire son nom de deux mots celtiques Ar (terre) et Bos (fertile). La plus lointaine référence révélant la vigne à Arbois date de 1053 et se trouve dans les archives communales. François achetait chaque année cent pièces de vin, Henri IV, Rousseau, Voltaire …. et bien d’autres furent des fervents amateurs des vins d’Arbois. Comme les autres vignobles, celui d’Arbois connut bien des turpitudes. En 1760 on relevait 813 hectares de vigne, le phylloxéra s’abattit en 1885 et en 1906 les vignes ne couvraient plus que 400 hectares. Aujourd’hui le vignoble d’Arbois avoisine les 700 hectares. Les rouges, les rosés, le vin jaune font le renom d’Arbois. Arbois, ville de 4 000 habitants a su recréer une animation culturelle, historique, folklorique autour de sa vigne : fête des vins, fête médiévale, et musée de la vigne. Dans ce musée de nombreux thèmes sont abordés : objets témoins de l’évolution des techniques, géographie, histoire de la vigne et du vin, collection de bouteilles, naissance de l’étiquetage, hommage à Pasteur…
Pupillin
A quelques kilomètres au sud d’Arbois, Pupillin se perche à 500 m d’altitude. Ses coteaux abrupts se distinguent par les rosés et les rouges rustiquent qu’ils fournissent. Le Poulsard y croît à merveille. Les vins de Pupillin ont leur identité propre et ils ont obtenu depuis quelques dizaines d’années leur appellation d’origine contrôlée. C’est sur le site de Pupillin que fut découverte une tour de guet gallo-romaine qui comportait un cellier. Les débris d’amphore laissent à panser que la vigne jouait déjà à cet endroit un rôle de première importance. Une statuette de bronze appelée Jupiter gaulois au maillet a été également mise à jour. Pupillin compte 150 personnes aujourd’hui, 35 familles vivent de la viticulture dont 25 d’entre elles se sont regroupées à la coopérative fruitière de Pupillin.
Poligny
Capitale du gruyère de comté, Poligny n’en est pas moins célèbre par les merveilleux vins que son terroir procure. L’histoire de Poligny remonte au moins à l’époque romaine. Le renom de ses vins est lui plus que millénaire, pour ses blancs, rouges et jaune. En 1789, 562 vignerons cultivaient 800 hectares. Aujourd’hui une bonne dizaine de vignerons se répartissent 70 hectares. Sur la route de Genève, Poligny a su tirer profit de son emplacement au près de la reculée de Vaux. Les falaises calcaires alternent avec les feuillus et en contrebas les vignes. Les vins polinois ont fait si bon ménage avec la gastronomie qu’une école hôtelière s’y est installée. Les vignerons polinois regroupés sous l’enseigne Caveau des jacobins fondèrent leur coopérative en 1907, ils ne trouvèrent pour loger leurs vins qu’une église désaffectée qui est un des plus beaux monuments gothiques de Franche-Comté.
Arlay
A proximité de la Bresse jurassienne, Arlay se situe à la charnière de la plaine et du Revermont. Son existence plus que millénaire montre la considération stratégique qu’on lui conférait. Les rapports très étroits entre la Bourgogne et ce petit village firent que la vigne devint l’objet de des plus délicate attentions. En 1811 cent cinquante habitants cultivaient 233 hectares de vigne réputée en rouges comme en blancs. Elles furent hissées au rang de vignes royales au XV1 siècle. Aujourd’hui Arlay montre un visage quelque peu discret. On y exploite environ 40 hectares. Mais ses murs et ses rues d’apparence austère méritent une visite.
L’Etoile
Le village est enchâssé dans un frais vallon. Les prés, les bois et les vignes y cohabitent depuis la nuit des temps. Les archives mentionnent l’Etoile pour la première fois en 1259. Le village s’appelait alors le Puy de Sainte Cornière. L’origine du nom l’Etoile pour certains proviendrait des cinq collines dont la disposition forme une étoile, pour d’autres ce nom serait dû à la présence dans le sol de millions de petites étoiles fossilisées. Au début du siècle se fondait une cave coopérative regroupant 32 vignerons, les vignes s’étendaient sur 250 hectares, aujourd’hui on en compte 160 et 15 vignerons. L’Etoile a fait sa réputation par ses vins blancs et ses mousseux, seuls les vins blancs ont droit à l’appellation contrôlée l’Etoile. En 1969 le lycée agricole de Montmorot ouvrait ses portes, dans l’aire du domaine AOC de l’Etoile ont été plantés Chardonnay, Savagnin, Poulsard et Trousseau, le lycée produit 30 hl dans sa propre cave et il s’est fait un nom dans le bon pays.
Château-Chalon
Sans ses coteaux escarpés, sans son vin jaune, Château-Chalon ne serait pas ce qu’il est. Son nom primitif Castrum Carnonis signifiait Rocher en langage celtique. Du fait de sa position sur son éperon rocheux à 450 m d’altitude, Château-Chalon a vu se succéder les hommes du néolithique, les celtes, les romains…Vers l’an 400 une forteresse se créa pour la protection de l’axe Besançon Bourg. Les chanoinesses vinrent s’y installer vers le VII siècle. Huit siècles durant elles se consacreront au célèbre vin jaune. Le vignoble renaquit du phylloxéra en 1903. Aujourd’hui huit vignerons perpétuent la tradition du vin jaune, lui seul a droit à l’appellation contrôlée Château-Chalon. Château-Chalon ne compte plus que 160 habitants contre 500 au début du siècle et 50 hectares de savagnin sont plantés sur les pentes de marnes bleues.

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Bernard Girard
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