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La Cancoillotte


Historique

D’après la légende la cancoillotte existerait depuis 2000 ans en Franche-Comté. Des historiens affirment que la cancoillotte aurait vu le jour à l’époque gallo-romaine. Le mot cancoillotte proviendrait du latin « concoctum lactem » qui figure dans des écrits romains relatant la prise de la Séquanie. D’autres historiens pensent que l’origine de la cancoillotte daterait du XVI ème siècle. Nicolas de Granvelle l’aurait introduite à la cour de Charles Quint. Mais c’est sans doute pour ne pas avoir à jeter du lait rapidement caillé que la recette est venue.

Fabrication

La cancoillotte est réalisée à base de metton. Le lait est écrémé, emprésuré pour le faire cailler, puis chauffé doucement à 60 degrés. Le caillé est prélevé puis égoutté en le pressant dans un linge. Le metton est émietté puis gardé au chaud environ trois jours. Il prend une couleur jaune et une texture granuleuse. Avec 100 litres de lait on obtient 6 kg de metton. Il est alors prêt pour la fabrication de la cancoillote. On fait fondre le metton à feu doux dans du beurre et on ajoute soit de l’eau, du lait, du vin pour obtenir une pâte semi-liquide et élastique. On sale, on poivre, on peut ajouter de l’ail, des noix …Il existe plusieurs présentations : nature, à l’ail, au savagnin, au vin jaune …. Elle se déguste froide ou tiède avec du pain, des pommes de terre … il existe de nombreuses recettes pour l’accommoder.

Son territoire

La cancoillotte est avant tout le fromage du pays comtois, en particulier du bas pays (la Haute-Saône et les vallées) où le lait est abondant. Dans le Haut-Doubs et le Haut-Jura la fabrication d’autres fromages (comté, morbier, mont d’or, bleu de Gex, tome du Jura …) est privilégiée. Sa consommation est donc plus importante en Haute-Saône. C’était le fromage des pauvres. Elle était essentiellement fabriquée dans les fermes. Autrefois chaque famille préparait sa propre cancoillotte. La fabrication industrielle apparut lors de la première guerre mondiale grâce à Laurent Raguin, qui a stérilise et de la conditionne dans des boîtes de fer blanc pour approvisionner les soldats francs-comtois du front. Cette initiative permettra la diffusion de ce produit. Malgré tout la cancoillotte est consommée à 90 % en Franche-Comté. La production annuelle est de 1200 tonnes. Quelques personnes fabriquent encore elles-mêmes leur cancoillotte en achetant leur metton. La production, surtout franc-comtoise, est assurée par deux grandes maisons Raguin à Vercel et Poitrey à la Belle Etoile. Sur le marché vient d’apparaître la cancoillotte Président.

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Il existe plusieurs chansons à la gloire de la cancoillotte, une des plus célèbres a été composée et écrite par Hubert Félix Thiéfaine, en voici les paroles :

 Les Bretons ont des chapeaux ronds
 Les Parisiens ont le Panthéon
 Les Occitans ont Fos-sur-Mer
 Et les Lorrains Servan-Schreiber
 Les Alsaciennes font des biscuits
 Que l’on trouve aussi à Paris
 A ces gens là on dit caca
 Car ils n’ont pas ce que l’on a

 La cancan cancoillotte
 C’est un mets bien franc-comtois
 Tout en dansant la gavotte
 On se beurre la gueule à l’Arbois
 La cancan cancoillotte
 Ce n’est pas pour ces François
 Quand ils viennent avec leurs bottes
 On leur dit nenni ma foi

 Mon gars tu prends le metton
 Que tu verses dans le caquelon
 Avec de l’ail, avec du beurre
 Avec ton manche, avec ton cœur
 Et faut touiller ça c’est sûr
 Sinon ça devient de la confiture
 La cancoillotte c’est tout un art
 Il faut rien laisser au hasard

 La cancan cancoillotte
 C’est un mets bien franc-comtois
 Tout en dansant la gavotte
 On se beurre la gueule à l’Arbois
 La cancan cancoillotte
 Ce n’est pas pour ces François
 Tout en pelotant la Charlotte
 On la mange avec les doigts

 Si avec Charlotte tu vas plus loin
 Mets de la cancoillotte sur le traversin
 Je te jure mon pote ce truc c’est dingue
 Ça t’fout le vertige pour le bastringue
 Mais va pas le dire aux étrangers
 Sinon ils viendraient nous la piquer
 Alors fini la cancoillotte
 On ne la trouverait que dans les sexe-shops

 La cancan cancoillotte
 C’est un mets bien franc-comtois
 Tout en dansant la gavotte
 On se beurre la gueule à l’Arbois
 La cancan cancoillotte
 Ce n’est pas pour ces François
 Tout en pelotant la Charlotte
 On la mange avec les doigts
 La cancan cancoillotte
 Ce n’est pas pour ces François
 Quand ils viennent avec leurs bottes
 On leur dit nenni ma foi

La Cancoillotte par Rémy Démoly

Çà a commencé tout petit... Je devais avoir des pulsions instinctives, héritage de mes aïeux Franc-Comtois...

La première fois c’est ma grand-mère qui m’en a fait prendre... la malheureuse ! Elle ne savait pas ce qu’elle faisait et dans quelle dépendance elle m’entraînait... J’ai aimé tout de suite...

Il faut dire que je l’avais particulièrement énervée ce jour là. J’avais renversé son pot de chambre et mis du sel dans le café de pépé...

Forte dose au départ... Elle voulait me calmer ma grand-mère... Elle a réussi ! Quelques heures après j’en réclamais déjà !

Mes parents, eux n’en usaient pas mais par chance, ils m’en achetaient. Ils sentaient bien mon état de fébrilité lorsque j’étais en manque.

Une fois, ma mère a tenté de me sevrer de ce plaisir, de me priver de ce délice ! J’étais anxieux, j’avais des sueurs... Alors elle a envoyé mon père chez mon fournisseur habituel, tard le soir. Ma mère lui a dit : explique-lui que le petit est mal, qu’il en a besoin !

Une autre fois elle m’en a prodigué en cataplasme.

Je devenais hargneux et même méchant si je n’avais pas ma dose.

Plus tard, durant mon service militaire, comme j’ai souffert !

Ces incultes ne savaient même pas ce que c’était. Ils m’ont réformé pour ça : en manque, je devenais incontrôlable !

Le Médecin de l’Armée m’a dit : votre cas relève d’une pathologie évolutive d’un caractère exceptionnel dont le danger consiste en une catégorisation et une individualisation trop systématiques qui conduisent à des théories isolées c’est-à-dire sans interrelations écartant toute possibilité de relais... Je ne me souviens pas de la suite...

Je devenais fou, j’ai même essayé de la mélanger avec de l’ail ou des fines herbes mais mon plaisir était inassouvi, incomplet, je voyageais mal.

J’ai eu de longues périodes d’abstinence surtout lorsque je me trouvais à l’étranger, loin de ma région, quoiqu’il me soit arrivé d’en trouver à Saigon et même au Cameroun...

J’en avais tellement besoin et surtout de la fraîche… J’étais en phase ultime ! Alors je suis revenu vivre en Franche-Comté. Je ne pouvais pas m’en passer.…………………………………..

de la Cancoillotte !

Texte de Rémy DEMOLY.

DAS VERS SU IN FROUMAIGE

Extrait de l’ouvrage : ‘’LES GAUDES’’ poésies patoises d’Henri BOUCHOT.

Besançon librairie Ch. Marion, Morel et Cie – 1883

Las monsieur que sant cousus D’bés écus Que grillant dans leut goillote, Migeant das grous mouchés de lâ Et de pâ Et craich’nt su lai canquoillote.

Nous que sans das paysans Pas pllaisans Que n’ans point de redingote, Nous n’ans lâs moi ! pou butin Que nout pain Et nout poutot d’canquoillote

Quand en soye jusqu’au soi Qu’en ait soi, En boit le vin que piquotte, Et peu l’en coupe ou chanté In gousé Pour mingi lai canquoillote

Las sois d’hivâ quand nous vans Chû las gens Aicoutâ ne raicountote, Nous pouthans nout demé-quart D’eau-de-marc, Et nous poutot d’canquoillote.

Quand n’aimi se laisse ollâ Lai volâ Dourmir ou champ de cairotte, Nous vans pllourâ lou défun Chû queuqu’ûn D’vant lou poutot d’canquoillote.

Messieurs Y souhaitais bîn Su vout pain Lai froumaiger’ que trembllotte, Et que lou chef de Pairis Eusse aippris Ai fare lai canquoillote.

Rémy DEMOLY
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