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L’absinthe - Le retour


Après l’interdiction de l’absinthe, sa consommation se poursuit discrètement jusqu’au milieu des années 20. En Suisse, dans le Val de Travers, berceau de l’absinthe, la fabrication n’a jamais vraiment cessé malgré l’interdiction. Des distilleries clandestines continuent à fonctionner en dépit de descentes de police régulières. Les litres d’absinthe passent en fraude à la frontière. Mais en France des distilleries disparaissent entraînant le chômage. En 1921 la distillation de l’anis est autorisée à condition de ne pas dépasser plus de 30°. C’est la naissance du « Pontarlier-Anis », seul apéritif à base d’anis vert distillé, les alambics étaient déjà utilisés un siècle auparavant pour la distillation de l’absinthe. Des apéritifs anisés sans absinthe apparaissent, ils se boivent encore souvent comme l’absinthe avec une cuiller et un sucre, mais pastis et absinthe sont bien différents au niveau du goût. Le succès de ces pastis est limité jusqu’en 1932, lorsque Ricard lance le pastis de Marseille qui rencontre un vif succès, les pouvoirs publics autorisent la vente du pastis à 45°.

En 1988, une directive européenne instaure une tolérance de 35mg/l de thuyone dans les spiritueux, permettant aux distilleries de reprendre la production d’absinthe. Mais la loi votée en 1915 en France est toujours en vigueur et elle interdit de produire une boisson appelée Absinthe. Le terme absinthe ne peut être utilisé pour l’étiquetage d’une boisson, l’appellation légale pour l’absinthe est spiritueux aux plantes d’absinthe. Dès 1988, André Guy a le projet de ressusciter l’absinthe dans le cadre légal. « Mon arrière-grand-père avait retiré l’absinthe dans le « Pont » je n’ai plu qu’à la remettre ».Il veut élaborer une absinthe contenant moins de 10mg de thuyone par litre. Il en demande l’autorisation au préfet d’entreprendre des distillations d’absinthe. Grâce à des modifications apportées à l’alambic, il réussit son pari. En mai 2001, il fait planter 50 000 pieds d’absinthe aux Granges-Narboz. La récolte se fait en octobre et en décembre ce sont les premières dégustations. En 2001, un aménagement de la directive européenne signé par Michel Rocard autorise la production de boissons spiritueuses ou spiritueux aromatisés à la plante d’absinthe en complétant la réglementation européenne : 35 mg/l de thuyone, 5 mg/l de fenchone et 10 mg/l de pinocamphone maximum. La reprise de la production d’absinthe en est à ses débuts. De plus en plus de d’absinthes distillées aujourd’hui sont élaborées à partir de recettes authentiques d’époque, dans de vieux alambics, par des distilleries qui en produisaient déjà au XIX ème. Depuis 1998, chaque année, le village de Boveresse dans le Val de Travers organise la fête de l’absinthe. Pontarlier organise les Absinthiades depuis 2005. La Suisse et le Doubs demandent une AOC afin de protéger l’appellation.

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Bernard Girard
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