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L’absinthe - Historique


Le premier nom donné à cette liqueur fut celui d’Elixir d’absinthe. C’était une préparation pharmaceutique employée contre les embarras gastriques. D’après un livre ancien, l’invention de l’extrait d’absinthe serait due au médecin Pierre Ordinaire né en 1741 à Quingey dans le Doubs. A la révolution, il fuit la France et s’établit à Couvet en Suisse où il continue à exercer sa profession de médecin et celle de pharmacien. Il parcourt la région et vend sa liqueur d’absinthe. A sa mort, il confie son secret à sa servante qui la vend aux filles du lieutenant Henriod. Henriette Henriod fabrique la liqueur d’absinthe à partir de plantes cultivées dans son jardin, d’abord par infusion, puis par distillation. Daniel-Henri Dubied, commerçant, rachète la recette à Henriette Henriod. Avec Henri-louis Pernod, bouilleur de cru, ils créent la première distillerie industrielle d’absinthe en 1789, puis Henri-louis Pernod ouvre sa propre distillerie à Couvet. Les taxes étaient trop élevées, Henri-Louis Pernod fonde une seconde distillerie d’absinthe à Pontarlier.

Dans la région, on commence à consommer l’absinthe pour des raisons qui ne sont pas uniquement médicales. L’absinthe reste une boisson régionale jusqu’à la conquête de l’Algérie en 1830. Les soldats et les colons consomment beaucoup d’absinthe pour se protéger et lutter contre la dysenterie, à leur retour en France ils font découvrir « la fée verte » à toutes les régions. D’abord réservée à la bourgeoisie en raison de son prix, elle se démocratise très vite et gagne tous les milieux sociaux. Les affiches fleurissent partout, les artistes et les poètes en font leur muse. L’absinthe devient un art de vivre avec son cérémonial. Chaque Français en consomme en moyenne deux litres par an. Les distilleries se multiplient à Pontarlier, Fougerolles, Paris, Bordeaux, Marseille … Des milliers de personnes y travaillent, des régions se couvrent de culture d’absinthe, l’état encaisse 45 millions de francs de taxe chaque année. La production de l’usine Pernod passe de 30 litres par jour à 450 litres en 1855, à 1 000 litres en 1886 et à 25 000 litres en 1900. En France, 100 000 hectolitres sont produits chaque année dont 70 000 rien qu’à Pontarlier. L’absinthe va mourir de son succès, les distilleries ne peuvent satisfaire toutes les demandes de la clientèle, alors des concurrents peu scrupuleux élaborèrent un produit similaire préparé à froid, sans distillation en se contentant de mélanger plusieurs essences à des quantités plus ou moins importantes d’alcool frelaté. L’absinthe va être accusée de rendre fou, on va vers son interdiction.

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La distillerie Pernod à Pontarlier
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Affiche
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affiche
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Bernard Girard
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