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Château d’Arlay
Ancien couvent de l’ordre des Minimes, le bâtiment central en forme de U a été acheté par Elisabeth-Pauline de Gand, comtesse de Lauraguais, héritière de la forteresse des Princes d’Orange située sur la colline dominant le château actuel. De cet ancien couvent, elle fit sa résidence : le climat d’Arlay était moins rude que celui de Nozeroy dans le haut Jura où se trouvait son château. Certains éléments de décor furent transportés de Nozeroy à Arlay. Madame de Lauraguais fit construire les deux pavillons situés de part et d’autre du bâtiment principal. Elle aménagea le parc ainsi que la fontaine du fer à cheval, et fit construire la glacière. Tous ces travaux furent réalisés vers 1770 et devaient durer près de 10 ans.
Le Château d’Arlay
Le mobilier du château fut dispersé à la Révolution. En 1825 la propriété fut reprise par le Prince Pierre d’Arenberg, petit-fils de la comtesse de Lauraguais. Il fit appel à un ébéniste de talent de Poligny (Jura) et lui commanda l’ensemble du mobilier en bois clair (noyer, frène, érable moucheté). L’authenticité de ce mobilier, en particulier le " lit à la girafe ", en souvenir d’une girafe qui fut donnée au roi Charles X par Méhémet Ali sultan d’Egypte, sont un témoignage de l’actualité du début du XIXème siècle.
Dès 843 les descendants de Charlemagne se sont partagés son immense empire d’Occident en trois parties : le royaume franc oriental (Louis le Germanique), le royaume franc occidental (Charles le Chauve) et au centre la Lotharingie (Lothaire) qui devint rapidement l’objet des convoitises de ses deux voisins. La Lotharingie englobait notamment la Bourgogne et la Franche-Comté. Et l’on vit apparaître deux Bourgognes : celle des Ducs, à l’Ouest, confiée au frère du roi de France, et celle des Comtes Palatins dépendant de l’empire germanique (Frédéric Barberousse).
Les seigneurs locaux surent créer des liens familiaux entre les représentants des deux Bourgogne. Ainsi, dès le XIIIème siècle les Chalon-Arlay eurent la première place parmi les seigneurs du Sud de la Franche-Comté. Leur puissance fut ensuite renforcée par l’exploitation du sel de Salins. Au début du XVème siècle, Jean III de Chalon-Arlay épousa l’héritière de la principauté d’Orange : désormais l’aîné des hommes de cette lignée portera le titre de " Prince d’Orange ".
Guillaume le Taciturne
Mais en 1530, le dernier de cette descendance, Philibert de Chalon-Arlay, Prince d’Orange, Vice-Roi de Naples fut tué à la guerre. En l’absence d’héritiers directs ses biens et son titre de Prince d’Orange furent attribués à Guillaume le Taciturne, premier stathouder de Hollande. Il est l’ancêtre de S.M. la Reine de Hollande qui est encore Princesse d’Orange, et aussi " Baron van Arlay ". C’est encore en souvenir des Chalon-Arlay qu’elle porte leur devise, en français : « Je maintiendrai » .
Néanmoins, deux siècles de procès, de 1530 à 1730, furent nécessaires pour régler définitivement le fabuleux héritage de Philibert de Chalon dont une part fut attribuée par le Roi de France Louis XV au Maréchal d’Isenghien, puis à sa nièce la comtesse de Lauraguais. Par jalousie celle-ci fut arrêtée en 1794, jugée, condamnée et guillotinée. Le château fut vidé de son mobilier. Ce n’est qu’en 1825 que son petit-fils, le Prince Pierre d’Arenberg, rentra en possession des biens de sa grand-mère. Ce sont ses descendants qui en assurent la charge aujourd’hui.
Il faut remarquer que malgré une histoire tumultueuse, le Château d’Arlay, depuis sa fondation, ne fut jamais vendu, ni acheté, mais toujours transmis par héritage légitime, jusqu’à aujourd’hui. C’est un fait exceptionnel et rare parmi les châteaux français.
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Bernard Girard
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