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André Besson (1927 -
André Besson est né le 27 octobre 19727 à Dole. Il poursuit ses études supérieures à Paris. Il devient journaliste puis fonctionnaire des contributions, il est « rat de cave » dans la région de Morez. Pendant l’occupation nazie il écrit un poème intitulé « Oradour-sur-Glane » diffusé clandestinement. En mai 1946 c’est sa première publication « Mon Journal », depuis André Besson n’a plus cessé d’écrire et de publier des livres chez une douzaine d’éditeurs français et étrangers. Profondément attaché à sa région natale, la Franche-Comté, il aborde plusieurs genres littéraires. Beaucoup de ses œuvres sont traduites dans une demi-douzaine de langues, éditées en livre de poche, dans les journaux et les magazines du monde entier. Dix-huit films ou documentaires sont adaptés de ses romans ou de ses scénarios originaux, certains ont été diffusés par les grandes chaînes de télévision françaises et européennes. Pendant trois ans il a présenté l’émission littéraire « Tribune livres » sur FR3 où il a reçu une bonne centaine d’écrivains français et étrangers. André Besson a été reçu de nombreux prix littéraires : le Prix Émile Zola pour « Le Village englouti », le Prix Louis Pergaud pour « La Louve du val d’amour », le prix international du terroir pour « La grotte aux loups », le Prix littéraire de la Ville de Dijon pour « Marguerite d’Autriche », le Grand Prix du roman policier pour « Les Randonneurs », le Prix des écrivains de langue française pour « Une fille dans la forêt », le Prix de l’Académie Française pour « Les Trente jours de Berlin »… et le prix Edgar Faure pour l’ensemble de son œuvre..
Pour résumer l’œuvre et la vie d’André Besson voici le discours prononcé à l’occasion de la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur le 29 mars 2006 :
Cher Monsieur Besson,
Je suis heureux de vous accueillir à la Préfecture ce soir, entouré des personnalités, des parents et des amis, dont vous avez souhaité la présence à vos côtés, pour une cérémonie qui marque toujours la vie d’un homme, si modeste soit-il, car elle exprime la gratitude de la Nation envers un de ses enfants et la reconnaissance de ses mérites par le Président de la République. Au-delà de l’hommage officiel que j’ai plaisir à rendre à l’écrivain, à son œuvre, c’est avant tout à l’homme de cœur et de conviction que je souhaite m’adresser. Vous êtes né le 27 octobre 1927, à Dole. C’est dire que vous avez 12 ans, quand éclate la Seconde Guerre mondiale, que votre entrée dans l’adolescence est marquée par le spectacle d’un pays meurtri, humilié, occupé. Vous avez 16 ans et demi, quand vous apprenez, un soir de juin 1944, l’épouvantable tragédie d’Oradour-sur-Glane. Un de vos premiers écrits est un poème diffusé clandestinement, que vous intitulez très sobrement « Oradour », dans lequel vous rendez hommage aux victimes innocentes et vous vous insurgez contre la barbarie de ce massacre. La triste expérience de la vie que vous faîtes à l’âge où un individu s’affirme, s’enthousiasme et s’épanouit, laissera en vous des traces indélébiles. J’en veux pour preuve la place qu’occupe dans votre œuvre cette période noire de l’histoire du XXème siècle, de notre histoire. Votre premier livre en 1946, « Mon journal sous l’occupation », lui est consacré. Vous publiez plus tard « Les grandes évasions de la Seconde Guerre mondiale » et surtout « Les maquis de Franche-Comté ». Merci, Monsieur Besson, d’avoir sorti de l’oubli des hommes et des femmes comme Louis Barsu, le « fusillé » qui échappa miraculeusement à la mort, les sœurs Bergerot de Villevieux qui hébergèrent au péril de leurs vies bien des résistants connus ou inconnus en partance pour Londres, Jean Guyot et bien d’autres qui s’engagèrent dans la résistance par idéal ou pour échapper au STO et qui laissèrent bien souvent la vie pour préserver notre liberté. Soyez sûr que, lorsque je parcours le département, certains villages et lieux retiennent plus particulièrement mon attention, car je sais, grâce à votre témoignage, que là, des hommes et des femmes ont combattu et ont souffert en résistants. Ne pouvant les honorer tous, j’ai choisi, sachez-le, de rendre un hommage particulier le 8 mai prochain à ces dames de Villevieux que vous m’avez fait connaître, car elles illustrent parfaitement à mes yeux tous ces héros de l’ombre, qui n’ont jamais cherché à se mettre en avant, mais ont agi à l’époque simplement, avec dignité, en citoyens et citoyennes, au nom de nos valeurs et pour l’honneur de notre pays.
A la Libération, vous vous découvrez une vocation de journaliste, à la faveur de votre séjour sous l’uniforme de 1946 et 1948. Vous servez au sein des Forces françaises d’occupation. L’armée vous a confié non seulement un fusil, mais surtout une plume. Vous sillonnez l’Allemagne défaite et dévastée après la chute du nazisme. Vous enchaînez les reportages. Vous interrogez vainqueurs et vaincus, civils et militaires, pour livrer, soixante ans plus tard, une fresque historique passionnante, « Les 30 jours de Berlin », dans laquelle vous racontez avec beaucoup de réalisme et d’intensité, les ultimes combats qui se sont livrés dans la capitale du IIIème Reich. Ce récit montre combien vous avez le souci chevillé au corps, de la précision et de la vérité. Après avoir été correspondant de presse au Progrès entre 1951 et 1961, vous optez pour une carrière dans l’administration, car il faut bien avoir un minimum de ressources pour vivre et entretenir un foyer. Je note que vos trente années dans les services fiscaux ne semblent pas avoir été une grande source d’inspiration. Du moins, vous garantissent-elles l’indépendance financière nécessaire pour poursuivre sereinement votre œuvre littéraire. En fait, vous n’avez jamais cessé d’écrire. Vous resterez attaché toute votre vie au journalisme, en collaborant à différents organes. Encore maintenant, on retrouve votre signature dans « la Voix du Jura ». Mais vous préférez développer au fil des ans vos talents d’écrivain et d’historien. Vous publierez des livres chez une douzaine d’éditeurs français et étrangers. Vous êtes assurément éclectique. Vous avez abordé tous les genres littéraires : roman psychologique, roman du terroir, roman policier même sous un nom d’emprunt, biographie, histoire, reportage, livre d’art… Vos œuvres (plus de cinquante) sont traduites dans une demi-douzaine de langues, éditées en livre de poche, en B.D., en cassettes audio, dans les journaux et les magazines du monde entier. Elles ont été lues par des millions de lecteurs. Dix-huit films ou documentaires, adaptés de vos romans ou de vos scénarios originaux, ont été diffusés par les grandes chaînes de télévisions françaises et européennes. Je ne peux pas ne pas mentionner ici l’adaptation célèbre du « Village englouti », qui a tenu en haleine, trente épisodes durant, les téléspectateurs qui s’identifiaient aux personnages déracinés. Vous avez été aussi, dans le domaine de l’audiovisuel, présentateur pendant trois ans d’une émission littéraire, « Tribune livres », sur plusieurs stations de FR3, où vous avez reçu une bonne centaine d’écrivains français et étrangers. Au risque de paraître présomptueux car nous nous connaissons peu, je vous avouerai que je me suis attaché à rechercher quelques traits saillants de votre personnalité. J’en ai retenu trois.
la fidélité : je ne parle pas de celle qui vous unit à votre épouse que j’ai plaisir à saluer à vos côtés ce soir, mais plutôt celle que vous vouez à votre région, la Franche-Comté, et bien sûr plus particulièrement au Jura. Vous avez puisé largement votre inspiration dans l’histoire, les contes et les légendes locales. Les lecteurs franc-comtois apprécient tout particulièrement de retrouver au détour d’une page, un lieu, un fait ou même les traits d’un personnage qu’ils croient reconnaître. Très attaché à votre région et plus encore à votre pays dolois natal, vous ne récusez pas le terme d’écrivain régionaliste, dès lors qu’il est associé à populaire, car vous écrivez pour les autres, pour que vos contemporains oublient l’espace d’une lecture les tracas du quotidien et puisent aux racines mêmes de la culture locale. L’écriture est simple, accessible au plus grand nombre par la qualité notamment des dialogues et la force des relations entre les personnages et leur environnement. Vous êtes un ambassadeur du Jura dont l’audience nationale et internationale fait autant pour la renommée de sa région qu’une bonne campagne de communication de l’office du tourisme. Vous avez d’ailleurs contribué personnellement à la rédaction de revues ou de guides touristiques sur la Franche-Comté et mis en valeur son patrimoine culturel, naturel et historique à travers une quinzaine d’ouvrages, dont « une fabuleuse histoire du sel ».
deuxième trait saillant de votre caractère, l’humanisme : celui-ci apparaît à travers la place qu’occupe l’homme dans l’ensemble de votre œuvre. Vous témoignez pour lui d’une curiosité d’esprit sans limite. L’homme est au cœur de vos écrits, l’homme authentique. Je pense au vieux berger, Francis Capron, qui refuse obstinément de quitter sa maison qui doit être dynamitée avant d’être engloutie. Je pense aux ouvriers du barrage et à leur contremaître, emmurés à la suite d’un éboulement. Vous explorez leurs âmes, leurs motivations. Vous vous attachez à décrire leurs caractères et faîtes d’eux des héros simples et attachants. Votre humanisme apparaît également dans votre approche de l’histoire. Vous vous efforcez de comprendre les personnages dont vous tracez la biographie, comme « Marie de Bourgogne » ou « Malet, l’homme qui fit trembler Napoléon », et surtout « Victor Hugo ».
troisième trait, la simplicité : de nombreux prix littéraires ont jalonné votre carrière. Entre autres, le Prix Émile Zola pour « Le Village englouti », le Prix Louis Pergaud pour « La Louve du Val d’amour », le Prix littéraire de la Ville de Dijon pour « Marguerite d’Autriche », le Grand Prix du roman policier pour « Les Randonneurs », le Prix des écrivains de langue française pour « Une fille dans la forêt », le Prix de l’Académie Française pour « Les Trente jours de Berlin ». Ils ne vous ont pas tourné la tête. Vous êtes resté le même avec vos proches, vos amis, vos lecteurs, toujours accessibles aux uns et aux autres, toujours d’une grande courtoisie, une vertu qui a tendance à se perdre dans le monde stressé où nous vivons, toujours militant en faveur des lettres jurassiennes, toujours disponible pour répondre à toute sollicitation s’il s’agit de promouvoir auprès des jeunes notamment le goût de la lecture ou de l’écriture. Vous m’avez fait non seulement un grand plaisir, mais aussi un grand honneur, en me demandant d’être votre parrain dans la Légion d’Honneur. Je vais vous remettre maintenant les insignes que vous avez mérités. Soyez sûr que les mots que je vais prononcer, le geste que je vais accomplir devant le drapeau de la Société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur, ne sont pas seulement ceux du représentant de l’Etat dans le cadre de ses fonctions, mais ceux d’un lecteur reconnaissant et d’un Jurassien de fraîche date pour tout ce que vous lui avez apporté.
« Monsieur André Besson, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’Honneur »
Bibliographie :
Aimer la Franche Comté – Marguerite d’Autriche – Alexandre le Vannier – Les Amants de la dune – Pour un amour perdu – Le Barrage de la peur – Le village englouti – Une étrange odeur d’absinthe – Dolores – La dernière neige – La neige était rouge – L’infirmière des neiges - Le loup garou de la vallée des anges – Les rouliers de la Bérézina – Les Randonneurs – Folle avoine – Le secret du colporteur – Les Randonneurs - Le vent des collines – Le testament du baron – Un printemps pour aimer – L’inconnue du val perdu – La grotte aux loups – Le moulin du silence – Julie la chance – La roche aux fous – L’indomptable Lacuson – La Marie des bois – La fille de la forêt - Le roman de Sissi – Les trente jours de Berlin – Juste avant l’aurore – Comtes et légendes de Franche-Comté - La Franche-Comté – La Franche-Comté et ses Trésors - Mon pays comtois – La fabuleuse histoire du sel – Les maquis de Franche-Comté – Les grandes évasions de la seconde guerre mondiale – La Louve du Val d’amour – Le crépuscule des maudits – Marie de Bourgogne – Nos années d’espérance – Juste avant l’aurore – Crançot village jurassien, les tailleurs de pierre – Victor Hugo la vie d’un géant – Contrebandiers et gabelous – Malet, l’homme qui fit trembler Napoléon - Légendes et nouvelles animalières de Franche-Comté …
et des livres –coffrets d’art réalisés en collaboration avec Pierre Duc : Bêtes en liberté au pays de Louis Pergaud et Marcel Aymé – Jura des villes et des champs – Aquarelles sur Loue – Hiver comtois - Eaux vives en Franche-Comté.
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Bernard Girard
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