Accueil du site > Correspondants > Collectivités locales > La République du Saugeais

La République du Saugeais

samedi 7 mars 2009, par Bernard Girard

La République du Saugeais

La République du Saugeais a été fondée en 1947. Le Préfet du Doubs Mr Ottaviani, en visite à Montbenoît, déjeune à l’Auberge de l’Abbaye, tenue à l’époque par Mr et Mme Pourchet. Pour plaisanter sur le Saugeais, Mr Pourchet demande au préfet s’il a son laissez-passer pour circuler dans la République du Saugeais. Le Préfet lui répond que s’il s’agit d’une République, il faut un Président et nomme Mr Georges Pourchet Président de la République libre du Saugeais ! Georges Pourchet décide alors d’en accepter la charge.

La République du Saugeais compte 3 600 habitants, elle couvre 125 kilomètres carrés et regroupe onze communes : Les Alliés, Arçon, Bugny, Hauterive la Fresse, La Chaux de Gilley, La Longeville, Maisons du Bois-Liévremont, Montbenoit, Montflovin, et Ville du Pont, Montbenoît étant la capitale.

Au décès de son mari en 1968, son épouse Gabrielle Pourchet assure l’intérim jusqu’en 1972 où elle est nommée présidente, élue à l’applaudimètre et à vie, lors d’une kermesse. Elle meurt le 1 er septembre 2005, sa fille Georgette Pourchet lui succède le 28 janvier 2006.

La Présidente dispose d’un premier ministre, d’un secrétaire général, de 2 douaniers et de 12 ambassadeurs. La Présidente est invitée à toutes les cérémonies officielles civiles, religieuses et militaires où elle présente le Saugeais. Gabrielle Pourchet fut reçue à l’Elysée par Giscard d’Estaing avec les honneurs réservés aux chefs d’état.

La République du Saugeais émet un billet de banque créé en 1997 pour les 25 ans de mandat de la Présidente. Elle a créé un passeport saugeais remis aux visiteurs aux arrêts douane organisés pour les groupes avec les douaniers. Elle dispose d’un blason créé par le Colonel Henri de St Ferjeux D’un drapeau

JPEG - 2.8 ko

D’un timbre-poste, représentant l’Abbaye de Montbenoît, créé en 1987 et gravé par Jean Delpech. Le ministre des postes se déplaça à Montbenoît pour l’émission du timbre de la République du Saugeais

JPEG - 206 ko

D’un hymne saugeais écrit en 1910 par le Chanoine Joseph Bobillier, né à Montbenoît, sur une musique de Théodore Botrel

- Dé san qu’y a dèz hounnous â mondou
- Qu’ant dès uyous dzot let pennons
- Dé san qu’ nôtra taira est ronda
- Qu’la vâlà n’est pai en amont
- Tout tsaicon deu, fâ bin lou crerre
- Qu’i n’y a ran d’té qu’ nôtrou Sadjet
- Que stet qu’en sont peuillant se r’crerre
- On ptet pô pleu qu’ s’l’érant français

- Refrain
- C’est let vrais Sadjets finra fonta
- D’l’Abbaye, d’la Tsâ, d’en Dzillie, d’Léramont
- I s’vendraient pleu tcheu dans na monta
- Qu’la Franc’, qu’la Sutch, qu’les Rmourots, qu’lèz Larmond
- C’est let vrais Sadjets finra fonta
- D’l’Abbaye, d’la Tsâ, d’en Dzillie, d’Léramont

- Les vîllous diant qu’ c’est tsie la graina
- Qu’ lou Bon Due créeur lou Sadjet
- Mais pou li fair’ na s’bourra téta
- L’a gros mareillie son maittlet
- Quand l’eur’ fini, c’est pai tout çan
- Lou pu n’va pai sain la dzeurna
- D’na Rén’ Mairgritta, mèz enfants
- Lou Bon Due treur’ nôtra Sadjeta

- Let vîllous dian qu’su nôtret tairets
- Dan lou tin ran n’pouillet bussai
- N’y avait qu’ det batsots pu des piairets
- C’est det moines qu’sont vru èpiairrai
- L’ant s’bin cruillie, plainrai, rbatai
- Qu’ djairi maintrant tout tsie avâ
- Let setteuts sôlant d’entsaplai
- Tant y’a d’butin dans let coeumrâs

- Let vîllous diant qu’ l’avaient gros sutou,
- Quand let Suéd airveurant tsie no
- Nôtre maisons breuleurant tutet
- I n’y dmoureur’ que let batsots
- S’maintrant let Suéd vouillint rveri
- Y an airet dret pou na moulâ
- Pou aveu st’ huai du bon bresi
- On let pendrait a la Tsemrâ

- Quand la Franç’ fassait set grand’guairret
- Lou Sadjet ér’ toudj’ lo premie
- C’est toudj’ aitait dans nôtrou Cairou
- Qu’ l’a pret set pleu fau grenadie
- Sin la Tsoulta, sin lou Pulet
- Qu’est c’qu’airait fait Napoléon
- Tret cent Pruscots dans yeu coursets
- N’vaillaint pai na rouba d’tsairton

- Let Sadjets anmant la dzensainra
- Lou sèrat pu lou sapiket
- I moudjant gros, beillant a pinra
- Mais çan ne rvaud’ pai les Français
- L’anman câzai, berre et tsantai
- Berre en câzan, berre en tsantant
- I n’voyant grie, mai pouquet pai
- La bouteil’ que quand n’y a pleu ran

- Les Sadjets ant dans yeu gairgueuta
- Des mouts qu’nion n’saît cman yeu, rdâtai
- L’an pairki cmant na pteta rota
- Qu’a toudj’ loulzi d’let sacrôlai
- La tsîra qu’ minre, la lra que rlut
- La tsrâ, la creuille, lou daidjuron
- Lou dzreu d’la dzrensse, lou tsri qu’est tru
- Y a d’quet aipouairie lèz Larmond

- Tant qu’ l’avill’ vâdra mie qu’la vouépa
- Tant qu’ l’avill’ vâdra lou tiercelet
- Tant qu’ la baloch’ vâdra la pnéla
- Lou Bon Due anmra lou Sadjet
- Pu tant qu’lou fmie vâdra lou pan
- Pu tant qu’ l’au vâdra mie qu’ l’airdzent
- Tant pie pou c’tet qu’sont mà contents
- No vâdran mie qu’lèz âtret dzens

Voici la traduction pour ceux et celles qui ne parleraient pas Saugeais

- Depuis qu’il y a des hommes au monde
- Qui ont yeux sous les sourcils
- Depuis que notre terre est ronde
- Que la descente n’est pas en montée
- Chacun dit, il faut bien le croire
- Qu’il n’y a rien de tel que notre Saugeais
- Que ceux qui en sont peuvent se croire
- Un petit peu plus que s’ils étaient français

- Refrain
- Ce sont les vrais Saugets fine fonte
- De Montbenoît, de la Chaux, de Gilley, de Lièvremont
- Ils se vendraient plus cher dans une monte
- Que les Français, les Suisses, les Remonots, les Larmond
- Ce sont les vrais Saugets fine fonte
- De Montbenoit , de la Chaux, de Gilley, de Lièvremont

- Les vieux disent que c’est chez la Graine
- Que le Bon Dieu créa le Sauget
- Mais pour lui faire une si bonne tête
- Il a joliment manié son marteau
- Quand il eut fini, c’est pas tout ça
- Le coq ne va pas sans la poule
- D’une reine-marguerite, mes enfants
- Le Bon Dieu tira notre Saugette

- Les vieux disent que sur nos terres
- Dans le temps rien ne pouvait pousser
- Il n’y avait que des buissons et des pierres
- Ce sont des moines qui sont venus défricher
- Ils ont si bien creusé, raboté, roulé
- Que, par contre, maintenant tout tombe en bas
- Les faucheurs fatiguent de battre leur faux
- Tant il y a de butin, dans les communaux

- Les vieux disent qu’ils avaient grand’peur
- Quand les Suédois arrivèrent chez nous
- Nos maisons brûlèrent toutes
- Il n’y resta que des buissons
- Si maintenant les Suédois voulaient revenir
- Il y en aurait juste pour une aiguisée
- Pour avoir cet hiver du bon bresi
- On les pendrait à la cheminée

- Quand la France faisait ses grandes guerres
- Le Saugeais était toujours le premier
- C’a toujours été de notre coin de terre
- Qu’elle a pris ses plus forts grenadiers.
- Sans la Chevrette, sans le Pulet
- Qu’est-ce qu’aurait fait Napoléon
- Trois cent Prussiens dans leurs dolmans
- Ne valaient pas une blouse de Charreton

- Les Saugets aiment la gentiane
- Le Séra et le Saupiquet
- Ils mangent beaucoup, boivent un peu
- Mais ça ne regarde pas les Français
- Ils aiment causer, boire et chanter
- Boire en causant, boire en chantant
- Ils ne voient avec peine mais pourquoi pas
- La bouteille que quand il n’y a plus rien dedans

- Les Saugets ont dans leur gosier
- Des mots que personne ne sait, comme eux, rouler
- Ils ont par là comme une petite souris
- Qui a toujours le loisir de les secouer
- La chêvre qui mène, la lune qui brille
- Le chéneau, la quenouille, le déjeuner
- Le genou de la génisse, le cabri qui est tenu
- Il y a de quoi épouvanter les Larmond

- Tant que l’abeille vaudra mieux que la guèpe
- Tant que l’aigle vaudra le tiercelet
- Tant que la prune vaudra la prunelle
- Le Bon Dieu aimera le Saugeais.
- Et tant que le fumier vaudra le pain
- Et tant que l’or vaudra mieux que l’argent
- Tant pis pour ceux qui ne sont pas contents
- Nous vaudrons mieux que les autres gens

Répondre à cet article