La République du Saugeais
La République du Saugeais a été fondée en 1947. Le Préfet du Doubs Mr Ottaviani, en visite à Montbenoît, déjeune à l’Auberge de l’Abbaye, tenue à l’époque par Mr et Mme Pourchet. Pour plaisanter sur le Saugeais, Mr Pourchet demande au préfet s’il a son laissez-passer pour circuler dans la République du Saugeais. Le Préfet lui répond que s’il s’agit d’une République, il faut un Président et nomme Mr Georges Pourchet Président de la République libre du Saugeais ! Georges Pourchet décide alors d’en accepter la charge.
La République du Saugeais compte 3 600 habitants, elle couvre 125 kilomètres carrés et regroupe onze communes : Les Alliés, Arçon, Bugny, Hauterive la Fresse, La Chaux de Gilley, La Longeville, Maisons du Bois-Liévremont, Montbenoit, Montflovin, et Ville du Pont, Montbenoît étant la capitale.
Au décès de son mari en 1968, son épouse Gabrielle Pourchet assure l’intérim jusqu’en 1972 où elle est nommée présidente, élue à l’applaudimètre et à vie, lors d’une kermesse. Elle meurt le 1 er septembre 2005, sa fille Georgette Pourchet lui succède le 28 janvier 2006.
La Présidente dispose d’un premier ministre, d’un secrétaire général, de 2 douaniers et de 12 ambassadeurs. La Présidente est invitée à toutes les cérémonies officielles civiles, religieuses et militaires où elle présente le Saugeais. Gabrielle Pourchet fut reçue à l’Elysée par Giscard d’Estaing avec les honneurs réservés aux chefs d’état.
La République du Saugeais émet un billet de banque créé en 1997 pour les 25 ans de mandat de la Présidente. Elle a créé un passeport saugeais remis aux visiteurs aux arrêts douane organisés pour les groupes avec les douaniers.
Elle dispose d’un blason créé par le Colonel Henri de St Ferjeux
D’un drapeau
D’un timbre-poste, représentant l’Abbaye de Montbenoît, créé en 1987 et gravé par Jean Delpech. Le ministre des postes se déplaça à Montbenoît pour l’émission du timbre de la République du Saugeais
D’un hymne saugeais écrit en 1910 par le Chanoine Joseph Bobillier, né à Montbenoît, sur une musique de Théodore Botrel
Dé san qu’y a dèz hounnous â mondou
Qu’ant dès uyous dzot let pennons
Dé san qu’ nôtra taira est ronda
Qu’la vâlà n’est pai en amont
Tout tsaicon deu, fâ bin lou crerre
Qu’i n’y a ran d’té qu’ nôtrou Sadjet
Que stet qu’en sont peuillant se r’crerre
On ptet pô pleu qu’ s’l’érant français
Refrain
C’est let vrais Sadjets finra fonta
D’l’Abbaye, d’la Tsâ, d’en Dzillie, d’Léramont
I s’vendraient pleu tcheu dans na monta
Qu’la Franc’, qu’la Sutch, qu’les Rmourots, qu’lèz Larmond
C’est let vrais Sadjets finra fonta
D’l’Abbaye, d’la Tsâ, d’en Dzillie, d’Léramont
Les vîllous diant qu’ c’est tsie la graina
Qu’ lou Bon Due créeur lou Sadjet
Mais pou li fair’ na s’bourra téta
L’a gros mareillie son maittlet
Quand l’eur’ fini, c’est pai tout çan
Lou pu n’va pai sain la dzeurna
D’na Rén’ Mairgritta, mèz enfants
Lou Bon Due treur’ nôtra Sadjeta
Let vîllous dian qu’su nôtret tairets
Dan lou tin ran n’pouillet bussai
N’y avait qu’ det batsots pu des piairets
C’est det moines qu’sont vru èpiairrai
L’ant s’bin cruillie, plainrai, rbatai
Qu’ djairi maintrant tout tsie avâ
Let setteuts sôlant d’entsaplai
Tant y’a d’butin dans let coeumrâs
Let vîllous diant qu’ l’avaient gros sutou,
Quand let Suéd airveurant tsie no
Nôtre maisons breuleurant tutet
I n’y dmoureur’ que let batsots
S’maintrant let Suéd vouillint rveri
Y an airet dret pou na moulâ
Pou aveu st’ huai du bon bresi
On let pendrait a la Tsemrâ
Quand la Franç’ fassait set grand’guairret
Lou Sadjet ér’ toudj’ lo premie
C’est toudj’ aitait dans nôtrou Cairou
Qu’ l’a pret set pleu fau grenadie
Sin la Tsoulta, sin lou Pulet
Qu’est c’qu’airait fait Napoléon
Tret cent Pruscots dans yeu coursets
N’vaillaint pai na rouba d’tsairton
Let Sadjets anmant la dzensainra
Lou sèrat pu lou sapiket
I moudjant gros, beillant a pinra
Mais çan ne rvaud’ pai les Français
L’anman câzai, berre et tsantai
Berre en câzan, berre en tsantant
I n’voyant grie, mai pouquet pai
La bouteil’ que quand n’y a pleu ran
Les Sadjets ant dans yeu gairgueuta
Des mouts qu’nion n’saît cman yeu, rdâtai
L’an pairki cmant na pteta rota
Qu’a toudj’ loulzi d’let sacrôlai
La tsîra qu’ minre, la lra que rlut
La tsrâ, la creuille, lou daidjuron
Lou dzreu d’la dzrensse, lou tsri qu’est tru
Y a d’quet aipouairie lèz Larmond
Tant qu’ l’avill’ vâdra mie qu’la vouépa
Tant qu’ l’avill’ vâdra lou tiercelet
Tant qu’ la baloch’ vâdra la pnéla
Lou Bon Due anmra lou Sadjet
Pu tant qu’lou fmie vâdra lou pan
Pu tant qu’ l’au vâdra mie qu’ l’airdzent
Tant pie pou c’tet qu’sont mà contents
No vâdran mie qu’lèz âtret dzens
Voici la traduction pour ceux et celles qui ne parleraient pas Saugeais
Depuis qu’il y a des hommes au monde
Qui ont yeux sous les sourcils
Depuis que notre terre est ronde
Que la descente n’est pas en montée
Chacun dit, il faut bien le croire
Qu’il n’y a rien de tel que notre Saugeais
Que ceux qui en sont peuvent se croire
Un petit peu plus que s’ils étaient français
Refrain
Ce sont les vrais Saugets fine fonte
De Montbenoît, de la Chaux, de Gilley, de Lièvremont
Ils se vendraient plus cher dans une monte
Que les Français, les Suisses, les Remonots, les Larmond
Ce sont les vrais Saugets fine fonte
De Montbenoit , de la Chaux, de Gilley, de Lièvremont
Les vieux disent que c’est chez la Graine
Que le Bon Dieu créa le Sauget
Mais pour lui faire une si bonne tête
Il a joliment manié son marteau
Quand il eut fini, c’est pas tout ça
Le coq ne va pas sans la poule
D’une reine-marguerite, mes enfants
Le Bon Dieu tira notre Saugette
Les vieux disent que sur nos terres
Dans le temps rien ne pouvait pousser
Il n’y avait que des buissons et des pierres
Ce sont des moines qui sont venus défricher
Ils ont si bien creusé, raboté, roulé
Que, par contre, maintenant tout tombe en bas
Les faucheurs fatiguent de battre leur faux
Tant il y a de butin, dans les communaux
Les vieux disent qu’ils avaient grand’peur
Quand les Suédois arrivèrent chez nous
Nos maisons brûlèrent toutes
Il n’y resta que des buissons
Si maintenant les Suédois voulaient revenir
Il y en aurait juste pour une aiguisée
Pour avoir cet hiver du bon bresi
On les pendrait à la cheminée
Quand la France faisait ses grandes guerres
Le Saugeais était toujours le premier
C’a toujours été de notre coin de terre
Qu’elle a pris ses plus forts grenadiers.
Sans la Chevrette, sans le Pulet
Qu’est-ce qu’aurait fait Napoléon
Trois cent Prussiens dans leurs dolmans
Ne valaient pas une blouse de Charreton
Les Saugets aiment la gentiane
Le Séra et le Saupiquet
Ils mangent beaucoup, boivent un peu
Mais ça ne regarde pas les Français
Ils aiment causer, boire et chanter
Boire en causant, boire en chantant
Ils ne voient avec peine mais pourquoi pas
La bouteille que quand il n’y a plus rien dedans
Les Saugets ont dans leur gosier
Des mots que personne ne sait, comme eux, rouler
Ils ont par là comme une petite souris
Qui a toujours le loisir de les secouer
La chêvre qui mène, la lune qui brille
Le chéneau, la quenouille, le déjeuner
Le genou de la génisse, le cabri qui est tenu
Il y a de quoi épouvanter les Larmond
Tant que l’abeille vaudra mieux que la guèpe
Tant que l’aigle vaudra le tiercelet
Tant que la prune vaudra la prunelle
Le Bon Dieu aimera le Saugeais.
Et tant que le fumier vaudra le pain
Et tant que l’or vaudra mieux que l’argent
Tant pis pour ceux qui ne sont pas contents
Nous vaudrons mieux que les autres gens


