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Auguste l’Epée (1798 – 1875)

mercredi 21 mai 2008, par Bernard Girard

Auguste l’Epée (1798 – 1875)

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Auguste l’Epée

Il est né le 8 septembre 1798 à Villiers en Suisse. En 1830, il s’installe dans le Pays de Montbéliard avec sa famille. En 1833, il rachète une usine à Sainte-Suzanne pour y installer une fabrique de boites à musique. En 1839, Auguste l’Epée s’associe à Pierre-Henry Paur, fabricant suisse de boîtes à musique, puis il rachète les parts de son associé et réunit sur le site l’ensemble des fabrications nécessaires à la production des boîtes à musique. La manufacture acquiert une réputation de qualité et de technicité. En 1857, Auguste L’Epée met au point une petite boite à musique avec cylindre et manivelle que l’on retrouve dans les jouets et les coffrets à bijoux. C’est le succès. En 1859 l’Epée emploie 150 ouvriers et produit 25 000 boites, en 1970, 300 ouvriers fabriquent 40 000 boites. Auguste L’Épée développe son produit avec des claviers à plusieurs octaves, il y ajoute des accompagnements de tambours, il introduit des cartels à plusieurs cylindres, capables de jouer plusieurs airs. Il exporte dans le monde entier. La guerre de 1870 interrompt la production. L’usine est occupée et pillée par les Prussiens.

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Le 7 février 1875 Auguste l’Epée meurt à Sainte-Suzanne. Deux de ses fils : Charles-Auguste et Henry reprennent l’entreprise qui retrouve le chemin de la réussite. L’Épée obtient des médailles aux expositions universelles de Paris en 1978, de Vienne en 1892 et de Hanoi en 1902. Mais les boites à musique commencent à passer de mode, la production de phonographes à rouleaux constitue un nouveau débouché. A partir de 1889 L’Epée diversifie ses productions en développent la mécanique de précision, c’est le début de l’activité horlogère avec la fabrication de pendules, pendulettes. De nouveaux ateliers sont construits en 1950. L’Epée ne va pas cesser de se développer jusqu’en 1970 où elle atteint son apogée en employant 600 ouvriers. C’est le début des difficultés et du déclin. L’épée fait de la sous-traitance pour Peugeot, Siemens, AEG. Avec l’arrivée du quartz l’Epée tarde à moderniser ses productions.

En 1975, l’entreprise Manhurin devient actionnaire majoritaire. L’Epée se tourne vers la pendulette de luxe, pendulettes de voyages, pendulettes d’officier et en devient le numéro un mondial. A l’époque une pendulette pouvait se vendre jusqu’à 100 000 francs. Des modèles uniques sont réalisés pour le mariage du prince Charles avec Diana et à l’occasion de la visite en France de Jean-Paul II. Les présidents de la république offraient une pendule L’Epée à leurs visiteurs. Malgré plusieurs restructurations et n’ayant plus le soutien des banques, l’entreprise est placée en redressement judiciaire en janvier 1996, sans repreneur, les 64 employés restants sont licenciés en mai. Les ouvriers qui occupaient l’usine sont évacués en septembre. Les stocks ont été vendus aux enchères. En 1977, une tentative de reprise par des salariés, sous forme de coopérative ouvrière de production échouera. En 1999, un horloger anglais rachète la marque. Fabriquées en Angleterre, les pendules L’Épée, continuent d’être vendues dans le monde entier. Les bâtiments ont été rachetés par un promoteur privé.

Des pendulettes L’Épée sont exposées au Musée de Montbéliard et au Musée Japy à Beaucourt.

1 Message

  • Auguste l’Epée (1798 – 1875) 26 juillet 2009 15:28

    C’est avec interêt que j’ai pris connaissance du contenu de ce site ; toutefois il me parait inexact que les fabrications de pendulettes de voyage aient commencées avant 1975. Je suis un ancien cadre de l’entreprise embauché en juillet 1955 et j’ai vécu toutes les évolutions de fabrication jusqu’en 1976 , année du rachat de l"entreprise Frédéric L’Epée par Manurhin. En 1955 les porte-échappements constituaient la majeure partie du chiffre d’affaire le complément était assuré par des mécanismes d’altimètres et de variomètres (pour LMT) et des baromètres de marque ANERA. L’initiative de fabriquer des pendulettes de voyage a été prise après 1972. En effet, en 1963, pour diversifier nos fabrications, j’avais proposé à Monsieur Henry L’Epée que l’on quitte le statut de sous/traitant en devenant vendeur d’un produit fini utilisant nos porte-échappements, Il m’avait répondu qu’il ne pouvait pas se mettre en concurrence avec ses clients. Nous avons donc évolué vers une autre sous-traitance : fabrication de mouvements de pendulettes à piles pour FFR, BAYARD etc.. relais temporisés pour les PTT des mouvements de mouchards de camions pour Kienzle. Cette évolution nous a permis de nous développer jussqu’en 1969. Les arrêts de livraisons à nos clients étrangers en 1968 ont conduit ces clients à se trouver un second fournisseur pour ne plus risquer de tomber en panne d’approvisionnement et c’est notre concurrent suisse qui a pris une grosse part de notre clientèle étrangère. Cette sutuation nous a conduit à envisager une fabrication de pendulettes de voyage copie des modèles Japy. Notre situation financière s’est dégradée et nous avons déposé le bilan pour être repris par Manurhin qui a changé le nom de l’entreprise en Société nouvelle L’Epée

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